Nous tenterons, dans ce billet, d’explorer les moyens et difficultés pour créer de l’énergie électrique grâce à la participation du public dans le cadre de Human Energy crée par l’artiste Yann Toma, en collaboration avec l’agence de scénographie et de design ARTEL.

La complexité de Human Energy réside dans la création, le stockage et la réinjection de l’énergie. Des trois sources d’énergie mises en place, photovoltaïque, éolienne et humaine, la troisième fais appel à l’action corporelle pour la production d’énergie à partir de vélos.

Des Vélos et des Hommes : une expérience collaborative de création d’énergie électrique

Le dispositif compte 138 vélos fournis par JCDecaux disposés de manière circulaire autour du centre du dispositif ou trône une tour en  échafaudages de plus 25 mètre de haut.

Chaque vélib est équipé d’une génératrice sur la roue arrière. Pour assurer la stabilité du dispositif et limiter les frottements, les vélos sont fixés sur des platines auto stables.

Les 138 vélos sont séparés en 5 groupes connectés à une centrale. Chaque centrale a été conçue sur mesure par LudikEnergie pour rendre possible l’utilisation de l’énergie produite par les cyclistes.

L’énergie peut être distribuée de deux manières différentes.

  • La première que l’on nomme « autoconsommation » est une injection directe de l’électricité produite dans les équipements ayant besoin d’énergie électrique pour fonctionner. Si les personnes ne pédalent pas, alors les équipements ne fonctionnent pas.
  • La seconde est la « réinjection réseau » qui propulse l’électricité produite dans un réseau de distribution existant qui est, dans notre cas, celui de la  Tour Eiffel.

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Après des tests, avec 16 vélos, effectués dans les locaux de réparation de Vélib, nous avons constaté que la production en énergie pouvait varier de façon très importante en fonction de l’intensité du pédalage. Un pédalage lent permet un production de 30W environ par vélo alors qu’un pédalage un peu plus intensif permet d’atteindre 100/120W par vélo. La variation de puissance est donc fortement dépendante du rythme du pédalage.

Il apparait ainsi qu’un travail de médiation et de coordination des participants est donc un élément essentiel pour pouvoir produire une énergie suffisante. Mais la production d’une énergie suffisante et constante passe également par une coordination du groupe de cyclistes en action, ou chacun doit se mettre en  rythme pour générer une énergie régulière.