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Nous tenterons, dans ce billet, d’explorer les moyens et difficultés rencontrés pour l’acquisition et le réemploi des équipements et matériaux de Human Energy .

HUMAN ENERGY, comme son nom l’indique, invite chacun d’entre nous à participer à une production d’énergie commune.

Mais se cantonner à la production d’énergie électrique serait réducteur pour définir le projet. La majorité des matériaux et  des équipements utilisés sont issus du réemploi et réemployés par la suite.

On entend ici par réemploi, toutes « opérations par lesquelles des substances, matières ou produits qui ne sont pas des déchets sont utilisés de nouveau pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçu » selon un récent rapport de L’ADEME.

 L’événementiel se prête bien au réemploi.

Un événement, en général, a une durée de vie courte, ce qui implique le plus souvent de la location de matériel. Le service de location d’équipement peut ainsi être considéré comme du réemploi puisque celui-ci a déjà été utilisé et le sera, à nouveau, à la suite de l’événement.

Les entreprises d’événementiel reposent sur une économie dite « servicielle » ou le service de location d’équipement et la mise en place de ces équipements représentent leur fond de commerce. Pour pérenniser leur rentabilité, les matériels sont robustes et permettent des réemplois fréquent. C’est l’obsolescence technologique telle que, par exemple, le passage de l’incandescent à la LED, qui pousse au rachat et donc au rejet d’équipements anciens.

Réemploi du non-standard

On peut considérer que des matériaux issus de filières comme des stands d’expositions sont « non-standard » du fait de leur taille, leur revêtement ou leur état qui sont, en général, tous différents.

La première difficulté rencontrée est le travail supplémentaire nécessaire de redécoupe ou de remise au propre pour adapter les matériaux aux nouveaux besoins. La seconde difficulté réside dans l’aspect réglementaire et normatif qui impose de nous procurer les PV(procès verbaux) de résistance au feu de chacun des matériaux. Il nous reste, au regard de cette expérience, à imaginer de nouveaux processus de conception, de démontage et de stockage favorable au réemploi ainsi qu’à inventer un système d’indexation agile des matériaux.

Chaque filière de réemploi a ses propres conditions et besoins spécifiques. Du BTP au stand d’exposition, les acteurs concernés sont nombreux. Une conception systémique avec l’ensemble des protagonistes du circuit semble fondamentale pour arriver au « réemploi total ».

Sans doute faudra t-il arriver à standardiser le réemploi ou tout au moins les processus de valorisation du « non-standard ».

 

Réemploi du standard

Réemployer du standard, c’est réemployer des éléments standardisés n’ayant pas perdu leurs caractéristiques d’origine. Un container est un élément standardisé. Lorsque qu’on en réemploi un, ses cotes, sa structure et sa forme restent les mêmes. Cependant, l’état des matériaux peut-être plus ou moins dégradé et nécessiter des réparations pour garder les potentialités originelles du container. Dans ce cas, au-delà des opérations de réparation, des actions de démantèlement peuvent s’avérer nécessaires pour permettre le réemploi de ces éléments.

Dans le cas de Human Energy, nous avons privilégier des dispositifs standards mobiles et simple d’installation qui permettent des assemblages aisés et un réemploi simplifié. Nous nous sommes, ainsi, associés avec plusieurs entreprises et associations pour réfléchir aux moyens d’utiliser leurs équipements dans le cadre de l’événement et sur les filières possibles pour leur réemploi par la suite.

Ainsi, les Vélibs installés, auxquels sont fixé des génératrices électriques sont issus du parc existant. A la suite de l’événement, les éléments sont démantelés. Les vélos sont réintégrés au parc du fournisseur pour être réutilisés dans leur usage standard de mobilité urbaine et les génératrices sont reconditionnées pour être adaptés aux futurs Vélib à assistance électrique.

Les containers, de par leur modularité, sont réemployés pour créer un Tiers-lieu mobile dédié à la recherche sur la résilience urbaine.

L’entreprise EVESA nous prête des candélabres, initialement construits pour la ville de Paris et qui seront implantés sur la voirie parisienne après l’événement.

Les panneaux solaires (PV) sont issus d’un stock de PV ayant des défauts et qui ne permettent pas leur mise sur le marché. Nous les utilisons donc pour l’événement et par la suite, ils deviennent une source d’énergie pérenne pour le tiers lieu.

A chaque étape de conception, nous avons pensé « la transition » de l’équipement ou de l’objet d’un état à un autre.

On pourrait définir comme étant « en transition » des équipements, disponibles sur stock et en attente de leur future utilisation comme, par exemple, un bâtiment vide entre deux locations ou en friche. C’est donc optimiser leur temps d’usage que de les utiliser dans ce laps de temps qu’est la période de stockage ou lors de la transition d’un lieu à un autre. C’est aussi pour le concepteur, une ressource supplémentaire que de pouvoir élaborer son projet par le biais d’un catalogue d’éléments existants et prêts au réemploi.

Dans ce cas, il est possible de parler « d’économie de la fonctionnalité et de la coopération » tel qu’il est défini par le club de l’économie de la fonctionnalité. C’est à dire de passer de la vente à l’usage, d’ouvrir les potentialités fonctionnelles d’un appareil ou d’un équipement. En somme, il s’agit « d’ouvrir le périmètre d’activité des acteurs » pour limiter certaines externalités négatives sur l’environnement.